Parlez-en à votre cheval...

Ah ben voilà, avec le t-shirt Hot Snakes, y a pas de hasard.

El-P - Cancer 4 Cure

Fat Possum - hip-hop - 2012

Un peu surpris au premier abord par le retour d’El-P, que j’ai soupçonné un instant d’être un has-been vivant sur les restes d’un big-beat 90’s à l’américaine, je dois bien reconnaître que le bougre s’en sort toujours avec les honneurs grâce à son flow mordant et ses textes Orwellien. De fait, les instrus fatos’ sur lesquels s’appuient non seulement El-P, mais aussi quelques invités remarquables, Danny Brown en tête, contribuent en fin de compte à un périple harassant sur les terres d’un hip-hop radical qui, s’il n’est plus forcément à l’avant-garde de la production, n’en reste pas moins un modèle d’intensité et de brutalité.

Au passage, je ne suis pas peu fier de vous dire qu’on accueillera cette légende vivante au Romandie, à Lausanne, le samedi 29 septembre.

John Talabot - ƒIN

electro - Permanent Vacation - 2012 - soundcloud

Classe absolue, John Talabot se paie le luxe d’un album electro dansant, gentîment cérébral qui n’oublie pas la composante émotionnelle indispensable à une écoute hors clubbing snob et after d’after de début de matinée. On ne lui reprochera d’ailleurs, à l’usure, qu’un léger écoeurement lié à l’homogénéité des sons employés lors d’une écoute prolongée ; pris indépendamment, ces titres sont autant d’odes love à la pleine lune sur le Lavaux, douce brise estivale, et ce genre de conneries évocatrices qu’ils ne manqueront pas de vous inspirer. Les amateurs de Chromatics ou Pantha du Prince apprécieront.


Death Grips - The Money Store

Epic - noise-hop - 2012 - web

On peut parler diversement de Death Grips. On pouvait y voir sur Exmilitary un projet rap avec une batterie live, mais cette interprétation ne se prête plus vraiment à The Money Store, et de toutes façons, qu’est-ce qu’on en aurait à foutre, d’un énième groupe de hip-hop à batterie ? Non, je préfère y voir un lointain descendant d’Atari Teenage Riot, image qui évoque bien plus justement le sentiment bordélique à l’extrême qui transparaît à chaque seconde de cet album ultra-compact, éreintant, écrasant et composite. Puisant ses sonorités de la musique concrète au dubstep, pour un rendu typé art brut qui demande des nerfs solides, Death Grips imposent un putain de hochement de tête perpétuel sous peine de cuistrerie terminale. Ça, c’est 2012, et, tout bien considéré, 2012, c’est plutôt fun.

Light Asylum - Light Asylum

rock electro new-wave - Mexican Summer - 2012 - web

Profitez-en tant que vous le pourrez : ces temps, le perpétuel revival 80’s a décidé de s’arrêter sur une facette un peu négligée, celle de la synth-pop abrasive et angulaire tendant à l’EBM. Bonus non négligeable, Light Asylum se pare de plus d’une composante queer décadente largement attribuable à sa gracejonesque chanteuse (Shannon Funchess), qui te promet cassage-de-gueule et glamour vache.

Le plus étonnant, c’est que l’EP précédent du groupe faisait la part belle à une espèce de glam rock coupable et de très bon standing dont je vous reproduis un extrait ci-dessous, des fois que. Cette fois, oubliez le rock FM pseudo-nian nian, le ton est âpre et sans concession, et l’ensemble tiens très bien la route, quelque part entre Austra, Devo et Nine Inch Nails (période Pretty Hate Machine, évidemment).

Dark Allies - Light Asylum from Grant Worth on Vimeo.

Dernière bonne nouvelle, le groupe sera en concert au Bad Bonn, à Guin / Düdingen, le mardi 7 août 2012. Vous m’y croiserez sans doute.

Light Asylum- Shallow tears from Conjunction Film on Vimeo.